Vendredi 12 juin 2009
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Vous connaissez sans doute le Kâma sûtra mais vous ne savez-vous peut-être pas
tout des origines de ce terme. Voilà un petit voyage au cœur de l'
Inde et du traité de l'amour.
Dans "
kâmasûtra", "sûtra" signifie : "traité ; recueil de sentences, d'aphorismes" ;
"kâma" désigne "l'amour, la jouissance, le plaisir sensuel". Les Kâmasûtra sont donc des "recueils d'aphorismes sur l'amour".
Un livre de
Vatsyayana La tradition de ces recueils est très ancienne, remontant à
plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Aux premiers siècles de notre ère (entre le Ier et le Vème siècle), un certain Vatsyayana s'est proposé de réunir en un volume, en les résumant, tous les
ouvrages sur le sujet. Vatsyayana est persuadé que la connaissance du Kâma est indispensable à l'épanouissement humain, et veut offrir toute l'information nécessaire en un volume accessible : c'est
ce texte qui a été sauvegardé jusqu'à nos jours et traduit la première fois en Anglais en 1936 par Richard Francis Burton.
Pas uniquement des positions ! Le Kâma Sûtra de Vatsyayana, ses conseils pour l'amour, ne sont pas limités aux positions érotiques : celles-ci n'occupent d'ailleurs qu'un chapitre sur les sept de
l'ouvrage, soit cinq pages sur environ deux cent cinquante ! Les autres chapitres traitent du mariage et du rapport entre hommes et femmes hors du mariage, un chapitre est plus particulièrement
destiné aux courtisanes, et a d'ailleurs circulé à part dans leurs milieux, le dernier regroupe des informations sur les moyens d'exciter le désir, avec des recettes médicinales.
Le Kâma Sûtra : un livre pour tout public. Ce qui frappe un occidental d'aujourd'hui dans les Kâma Sûtra, c'est la liberté de ton pour parler de la sexualité. L'ouvrage est ainsi destiné aux
hommes, aux jeunes filles "avant leur mariage", aux femmes publiques.
Ses connaissances sont censées garantir :
Aux femmes publiques : le respect des hommes
Aux épouses : la préférence de leur mari (dans une société polygame)
Aux hommes : la certitude de conquérir vite le cœur des femmes.
Les Kâma Sûtra sont donc destinés à tout public, pour les connaissances sexuelles de base dans le couple marié ou non : ce n'est pas un livre qui vise un public restreint de libertins recherchant
des raffinements sexuels particuliers.
Que trouve-t-on dans les Kâma Sûtra ? Ils évoqueront donc tout à fait naturellement les problèmes posés par le rapport entre la taille de la verge et celle du vagin comme élément de l'harmonie
sexuelle, les différences dans l'intensité du désir charnel ou dans le temps consacré à la sexualité, le rôle de l'imagination. Les variantes des enlacements, des baisers, et, bien sûr, des
positions du coït, sont énumérées, mais aussi celles des morsures, des égratignures avec les ongles, des coups donnés ou reçus, des "sons" (dont le plus spontané semble être le cri "maman" au
moment suprême !). Si la femme n'a pas d'orgasme pendant le rapport, Vatsyayana conseille de recommencer, et, en cas de nouvel échec, de "frotter le sexe de la femme avec ses mains et ses doigts"
jusqu'à ce qu'elle soit calmée. La grossesse est prise en considération. Les fantasmes, comme celui de penser à une autre personne que celle avec qui l'on est uni, sont évoqués ; les jeux de bouche
ou la pénétration anale sont décrits, l'homosexualité masculine ou féminine n'a pas de traitement à part, et n'apparaît que comme une des variantes des moyens d'accès au plaisir.
Cependant, la pudeur est reconnue comme normale : la femme ne doit pas faire des avances, il va de soi qu'elle n'est pas tenue d'accepter de but en blanc les attouchements intimes ou la
pénétration. Un mari, ayant choisi une vierge, doit attendre trois jours avant de commencer des jeux intimes et se donner encore une semaine pour progressivement arriver aux rapports s'il ne veut
pas susciter le dégoût chez sa femme et être rejeté par elle.
Notre vision des Kâma Sûtra comme simples recueils de positions érotiques est donc particulièrement réductrice et caricaturale. Ce sont les ouvrages érotiques postérieurs, écrits notamment pour
commenter le livre de Vatsyayana depuis son époque jusqu'au XVIIIe siècle, qui vont détailler les positions de base décrites par celui-ci.
Des descriptions froides et objectives. Peut-on dire au moins que telle position est plus classique, ou plus érotique, ou plus acrobatique dans les Kâma Sûtra ? Non, même pas, parce que ce recueil
énumère "objectivement" et sans jugement qualificatif les différentes figures : "lorsque la femme lève ses deux cuisses toutes droites, cela s'appelle la position levante. Lorsqu'elle lève ses deux
jambes et les place sur les épaules de son amant, cela s'appelle la "position béante" Lorsque les jambes sont contractées... Lorsque l'homme s'appuie contre un mur... Lorsqu'une femme se tient sur
ses mains et ses pieds comme un quadrupède et que son amant monte sur elle comme un taureau, cela s'appelle le "congrès de la vache". Lorsqu'un homme jouit en même temps de deux femmes... Les gens
des contrées méridionales ont aussi un congrès dans l'anus, qui s'appelle le "congrès inférieur". Pourquoi alors ces énumérations "froides" ? Parce que "une personne ingénieuse doit multiplier les
sortes de congrès... Car ces différentes sortes de congrès engendrent l'amour, l'amitié et le respect dans les cœurs des femmes".
Un enseignement à poursuivre ? Pour nous, occidentaux, chez qui la morale et la religion culpabilisent la recherche du plaisir dans la sexualité, c'est un dépaysement total que de constater que
depuis des millénaires, on estimait banal d'apprendre aux jeunes gens et aux jeunes filles à savoir quoi faire pour qu'eux-mêmes et leur partenaire tirent le maximum de satisfaction du jeu de leur
corps.
Pour une navigation plus aisée vers
le tableau récapitulatif des positions du Kamasutra.
Une mise à jour sera faite régulièrement, à chaque nouvel article de cette catégorie.
Bonne navigation.
♥ Vous l'avez murmuré...